Linguistique et plus: Les figures de style couramment utilisées en politique histoire d’enfumer tout le monde.

Commençons d’abord par une citation d’Alexis de Tocqueville, grands artisans de nos républiques moderne et précurseur du néolibéralisme (un peu le Macron de son époque donc…) :

« Je ne crains pas le suffrage universel, les gens voteront comme on leur dira. »

Nous avons pu observer que, lors des dernières élections, beaucoup de Français ont décidé de voter ‘’comme on leur a dit’’, et d’élire deux différents types de fascisme et de totalitarisme, et de se faire avoir.

Puisque les figures de style sont utilisées en politique dans un but de séduire et de tromper le monde. Il est sans doute nécessaire de faire un petit listing des principales figures de style utilisé en politique, histoire d’être plus méfiants la prochaine fois… s’il y a une prochaine fois…

Voici donc un petit échantillon de figures de style couramment utilisé en politique dans un but de tromperie :

  • L’oxymore.

Figure de style qui réunit deux mots en apparence contradictoires.

Souvent utilisé pour faire paraitre les choses plus positive, ou plus acceptable, ou pour fabriquer de toute pièce un terme technique désignant un concept, soit malhonnête, soit vide, soit qui risque d’être impopulaire.

Exemple : ‘’Développement durable’’, ‘’croissance positive’’, ‘’redressement productif’’, ‘’démocratie représentative’’, ‘’capitalisme raisonné’’, ‘’la dictature démocratique’’,’’ flexi-sécurité’’

« Croissance négative », « capitalisme raisonné », ‘’développement durable’’, sont de beaux exemples d’oxymores ! Un mot vient annuler la charge péjorative et négative de l’autre. On obtient ainsi un terme facilement mémorisable et audible par le plus grand nombre, même s’il est totalement dénué de sens. Car de la même façon que la croissance ne peut pas être négative, le capitalisme ne peut, par sa nature même (compétitivité, liberté des prix, recherche du profit maximum), être raisonné, de même le développement par définition (idée d’action, d’expansion, de prolifération, et donc concept non figé dans le temps) n’est pas durable.

  • L’Hyperbole :

Figure de style exagérant la réalité dans le but de la magnifier ou de la fustiger.

L’hyperbole correspond le plus souvent à une exagération qui tend vers l’impossible. Elle est souvent utilisée pour moduler la réalité par rapport au concept que l’on veut imposer (et qui peut être faux).

Exemples : ‘’ les privilèges acquis’’, ‘’des quartiers déglingués par la délinquance et le chômage (F.Fillon)’’, ‘’des cités interdites à la police (F.Fillon aussi)’’, ‘’être dans l’Union européenne, c’est se protéger des Américains et des Chinois’’ (beaucoup d’andouilles ces derniers temps), ‘’projet qualité’’, ‘’projet d’optimisation des coûts’’, ‘’les charges patronales’’, ‘’érigeons un front républicain contre la barbarie’’…

Parler de « privilèges acquis », et non de « droits acquis », est non seulement une contre-vérité, mais aussi un moyen efficace de remettre en cause des droits, auxquels on souhaite faire renoncer, ou que l’on veut diaboliser. Un droit est une victoire du peuple et des libertés. Un privilège est inique par nature et doit être aboli.

Les termes faisant référence au projet, si cher à Macron par exemple est un emprunt au monde de l’entreprise et de la finance. En entreprise, tout devient « projet », « projet qualité », « projet d’optimisation des coûts », etc. Contester un « projet » surtout quand il est présenté (de manière mensongère) comme novateur, demande bien plus de courage et de persévérance que de s’opposer à des restrictions, des compressions ou des contrôles. L’opposant au projet devient alors un imbécile et un conservateur. Pour l’expression « charges patronales », la figure de style s’opère à l’inverse : les termes exacts sont « cotisations patronales ». Substituer « charges » à « cotisation » n’a rien d’anodin. Voilà que le salarié cotise tandis que le patron paie des charges, en plus de payer une masse salariale. (Il est à noter en passant que certains économistes, syndicalistes, et autre penseurs considèrent que les cotisations patronales font partie intégrante du salaire du salarié, à l’instar des cotisations salariales.)

  • Le Pléonasme :

Figure de style appuyant un propos par une redondance de termes. C’est un renforcement d’idées, par une deuxième expression allant dans le même sens que la première expression ou qui se trouve être synonyme au premier mot.  

Le pléonasme est souvent utilisé dans un but d’insistance, elle vise à lutter contre l’usure des mots et l’affaiblissement de l’expression, lorsque cette expression en vient à perdre de son importance, ou qu’il a trop été utilisé.

Exemples : ‘’Démocratie participative’’, ‘’dangereux terroriste’’, ‘’socialiste de gauche’’, ‘’démocratie populaire’’, ‘’une opportunité à saisir’’, ‘’tri sélectif’’, ‘’opposer son veto’’, ‘’lien social’’.

Le terme de ‘’Démocratie participative’’ est emblématique de l’usage de cette figure de style. Le mot démocratie, comme je l’ai écrit dans un précédent article, est déjà un terme précis et clair, ce qui implique que l’ajout d’un adjectif est inutile et est la preuve même d’une manipulation. De plus, l’adjectif ‘’participatif’’ est presque un synonyme, puisque son sens nous dit que les gens y ont la parole et plus encore des moyens d’action. C’est aussi ridicule que de parler ‘’d’autogestion participative’’.   

 

  • L’anaphore :

Figure de style qui consiste à commencer des phrases ou des ensembles de phrases par le même mot ou la même formule dans un but d’insistance.

Utilisé pour insister sur un point, ou pour répéter un mot-clef, pas forcément de manière immédiatement visible, afin de marteler ce mot-clef clef et de le mettre en tête de l’interlocuteur.

Exemple : ‘’moi président….. ’’, ‘’Président/Candidat exemplaire…’’ (Fillon), ‘’être patriote’’ (E.Macron), ‘’hypocrite ! ’’ (Mélanchon)…

Il s’agit tout simplement de martelage. On insiste directement sur l’idée que l’on souhaite faire passer. Ainsi, Macron en répétant le terme ‘’être patriote’’ suggère entre autres qu’il l’est et que ses opposants ne le sont pas. Ce qui est faux au vu de son programme, soit vide, soit prônant une souveraineté européenne extrême. A contrario, et même s’il inverse la figure de style, Mélanchon démontre combien ses adversaires sont ‘’‘hypocrites’’ et insinue que lui-même, ne l’est pas. Ce qui là encore est faux étant donné sont parcours et ses actes, ou son programme, au premier abord intéressant, mais qui était parsemé de suffisamment de contradiction et de flou artistique pour être en définitive inapplicable (surtout au vu des directives de l’UE et des GOPE (Grandes Orientations de politique Économique de l’UE). 

  • Le chiasme :

Consiste à croiser des éléments dans une phrase ou un ensemble de phrases, selon le modèle : ABBA.

A pour but en politique, non seulement d’allonger un discours, ou d’affirmer des faussetés, mais permet également de renforcer une antithèse, ou souligner l’union de deux concepts susceptible de se contredire.  

Exemple : ‘’La vérité, c’est qu’il existe des régimes spéciaux de retraites qui ne correspondent pas à des métiers pénibles et qu’il existe des métiers pénibles qui ne correspondent pas à un régime spécial de retraite.’’ (N.Sarkozy)  

  • L’euphémisme :

Consiste à atténuer l’expression de faits ou d’idées considérés comme désagréables dans le but d’adoucir la réalité.

Souvent utilisé pour adoucir certains concept ou fait négatif, ou faire croire qu’un fait négatif est finalement plutôt positif.  

Exemples : ‘’ une baisse tendancielle de l’augmentation du nombre de chômeurs.’’ (N Sarkosy), ‘’frappe aérienne’’, ‘’frappe chirurgicale’’, ‘’privatisation partielle’’, ‘’dommages collatéraux’’, ‘’opération militaire de l’OTAN’’, ‘’ contre-performance’’

Ces exemples sont révélateurs de la totale hypocrisie de leurs locuteurs. Il s’agit de formule soit à consonance affective neutre, soit adoucie et servant souvent à adoucir et à rendre acceptable des faits désastreux, ou moralement attaquable à la base. C’est une première version de remplacement de mot. Ainsi, la ‘’privatisation partielle’’ désigne en fait une procédure de privatisation en court, bouleversant l’organisation d’un service public (licenciement, baisse de budget, politique du chiffre…) et coutant non seulement de l’argent aux contribuables, mais détruisant également au passage la notion égalitaire de droit au dit service public pour tous, entre autres choses… De même, lorsque l’on parle d’opérations militaires de l’OTAN par exemple, on masque le fait qu’il s’agit d’un acte de guerre, souvent illégal, car souvent non encadré par les procédures de l’ONU, par une coalition de pays n’ayant pas de réelle autorité au niveau mondial, excepté par la force. Le fait de citer l’OTAN dans l’expression n’est pas innocent, puisqu’il s’agit d’un faux argument d’autorité, se basant sur le fait que cette organisation grâce à de nombreuses campagnes de communication est venue s’amalgamer avec l’Organisation des Nations Unies dans l’esprit collectif des Occidentaux. (Les deux organisations n’ont en fait rien à voir, l’une étant un conseil mondial pour la paix visant à permettre à tout pays d’être les égaux des autres et de faire valoir leurs droits, l’autre n’étant qu’une alliance militaire entre pays dits ‘’riches’’.)

  • La tautologie :

Figure de style qui consiste à définir un mot par lui-même, ou par une expression de type pléonastique. Mais souvent, sous couvert d’énoncer une évidence, la tautologie ne répète le mot que pour imposer comme une essence la chose à laquelle il renvoie.

Souvent utilisé pour combler un vide, mais également pour mettre en avant un mot-clef ou un concept et insister dessus et parfois hisser ce mot-clef en valeur religieuse.

Exemple : ‘’ce projet, c’est notre projet’’ (E.Macron)…

Par cette expression, Macron fait tout simplement du meublage en essayant de galvaniser les foules. Là où ça devient intéressant (ou désolant), c’est que cette figure de style n’est pas ici simplement utilisée dans un but démagogique, elle sert également à sacraliser le fameux projet de Macron (qui était vide à l’époque où il a fait cette figure de style et qui n’a été qu’un copié-collé de plusieurs directives européennes et des GOPE lorsque le projet en question est devenu un programme…), et de ce fait fédérer le public autour de ce projet et autour du porteur de ce projet…

  • Le néologisme et la périphrase :

Le néologisme consiste à créer un nouveau mot ou une nouvelle expression, le prendre à une autre langue dans un souci de communication, ou de reprendre un autre mot, pour ensuite, désigner ou changer de sens une expression que l’on souhaite remplacer ou éliminer de son vocabulaire ou du vocabulaire commun.

La périphrase est une figure de style qui consiste précisément à remplacer un mot par un groupe de mots signifiant approximativement la même chose, mais pas forcément chargé affectivement de la même manière.

Sert à occulter, ou rendre inutilisable un mot, un concept, ou une expression, et rendre ainsi obsolète le concept, ou le sens premier ou suggéré de ce mot ou expression. Sers également à rendre acceptables des concepts inacceptables ou à diaboliser des notions valeureuses au départ.  

Exemple : ‘’Classe moyenne pour remplacer les termes classe laborieuse, ou classe ouvrière, ou classe exploitée’’, ‘’les assistés pour parler des défavorisés’’, ‘’Les casseurs, remplace le terme manifestants, protestataire, révolté ‘’…, ‘’ la flexi-sécurité’’, ‘’la communication ou le journalisme remplace le terme propagande’’, ‘’le chaos et l’excès de violence devient l’anarchie’’, ‘’l’assistanat remplace le terme solidarité’’, ‘’le concept d’aliénation s’amalgamant avec l’expression ‘’ complotisme ‘’ (dans le sens où si l’on commence à parler d’aliénation des masses par exemple, il y a de fortes chances pour être ensuite accusé de complotiste)’’, ‘’le terme ‘’complotiste’’ utilisé à l’excès afin de diffamé toute personne ne défendant pas sont propre point de vue’’…

L’expression ‘’classe moyenne’’ est intéressante au sens où elle est utilisée de sorte à masquer une réalité sociale et une catégorie sociale fortement chargée politiquement et toujours existante à notre époque. Certes, les différents termes pour désigner la même classe sociale se sont succédé (classe laborieuse, les exploités, les travailleurs…), mais ils portaient tous une charge symbolique forte et fédératrice, liés au champ lexical ouvrier. Avec l’augmentation du niveau de vie de la population, certaines mouvances politiques en ont profité pour créer de toute pièce une classe de population à des fins de déstabilisations de leurs opposants. Cette expression désigne en fait une classe sociale qui au final est totalement fictive. (Attention, ne sautez pas au plafond, je tiens ici à préciser qu’une classe sociale ne se définit pas uniquement sur le niveau de vie ou sur les revenus de ladite classe (les travailleurs touchent entre env 0 €/mois à env 4000 €/mois), elle se définit également par la hiérarchie au sein d’une société et donc l’impact de cette classe et son pouvoir sur cette société, par l’instruction, et par d’autres éléments…

La locution ‘’assistanat’’ est quant à lui révélateur de la vision majoritaire d’une certaine catégorie de gens, dans l’ensemble matériellement favorisé et prônant ou adoptant un comportement égoïste au sein de la société. Cette pensée égoïste, souvent liée au libertarien (et non libertaire, merci d’éviter les amalgames), au Néolibéralisme et à l’Ultralibéralisme, ayant fini par faire des adeptes, nous assistons ces derniers temps à une diabolisation de tout concept lié à l’entre-aide. C’est ainsi que ce terme très péjoratif ‘’d’assistanat’’ à vue le jour en vue de remplacer le concept même de solidarité, portant une valeur pourtant primordiale dans toute société humaine.

Sources :

 https://scribium.com/helene-flaux/manipulation-des-mots-et-rethorique-politique-desintoxication-d862cm

Franck lepage (ateliers de désintoxication à la langue de bois.)  

Franck lepage (les conférences gesticulées : incultures 1 et 2)

http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/

linguisticae-francois-fillon-et-hyperbole : https://www.youtube.com/watch?v=y833yBhzcXw

http://www.fabula.org/

http://www.espacefrancais.com/les-figures-de-style/

http://www.humanite.fr/pleonasmes-et-tautologies-576610

http://www.causeur.fr/pleonasmes-et-oxymores-26573.html

http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/35415-fillon-presidentielle2017-video-francois-fillon-candidat.html

http://www.socialisme-libertaire.fr/2016/03/novlangue-tyrannie-de-l-euphemisme-et-domination-douce.html

http://absurde.over-blog.net/article-c-est-quoi-un-euphemisme-119893702.html

https://www.etudes-litteraires.com/bac-francais/figures-de-style.php

http://www.universalis.fr/encyclopedie/

http://www.descolarisation.org/atelierdedesintoxdulangage.pdf

 www.lecontrepieds.org  

http://coacheloquence.com/rhetorique-du-politiquement-correct-de-lart-de-la-periphrase-au-lissage-du-langage/#6i3e0Ym0cMdgwoHj.99

 

 

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